5. Ampleur et dynamique

Les courbes des décès quotidiens et cumulés. Les données journalières de mortalité par COVID-19 sont particulièrement précieuses pour la compréhension des dynamiques : à court terme pour agir et à plus long terme pour prévenir et organiser. Quelle est l’ampleur de l’épidémie, quel est son tempo ? Voit-on des similarités ou des divergences entre pays ? On analyse l’évolution, au jour le jour, du nombre total de décès (effectifs cumulés) dont on évalue le niveau et les rythmes ; avec une évolution exponentielle, les rythmes (accelération, plateaux, diminution) s’apprécie mieux en passant à une représentation « logarithmique » de la progression. On analyse aussi le nombre quotidien de décès là encore en évaluant les niveaux et rythmes d’évolution.

Comparaison entre pays. L’analyse comparative de la progression des décès par COVID-19 au jour le jour jusqu’à la mi-avril dans les pays permet, tout en identifiant des étapes similaires d’un pays à l’autre, de mettre en évidence certaines spécificités. On le constate dans les graphiques ci-dessous, issus de la note (F. Robin-Chamigneul - représentation logarithmique). En début de crise, l’épidémie de COVID-19 présente une augmentation exponentielle du nombre de décès selon un même rythme journalier. Puis, après la mise en place de mesures de distanciation physique et/ou confinement et fermeture des commerces, les courbes entament une inflexion, le nombre de décès quotidiens atteignant un plateau. Le plateau débute autour du 30e jour avec des variations selon le pays : l’amorce de ce plateau est parfois soumise à des fluctuations marquées, sa durée est plus ou moins longue, son niveau plus ou moins élevé. Une baisse du nombre de décès journaliers est ensuite perceptible (situation de l’Italie et de l’Espagne ainsi que, de façon pour l’instant moins marquée, la France). La Corée du Sud fait exception avec très tôt une stabilisation du nombre de décès.

Les courbes des décès quotidiens sont très fluctuantes : ces variations sont très probablement le fait de remontées de l’information dans les systèmes de surveillance sanitaire qui ne sont pas instantanées ou en continu ; ce point est d’autant plus crucial que les dispositifs de remontée de l’information varient d’un pays à l’autre mais aussi au sein d’un même pays, avec des délais d’enregistrement pouvant varier selon le lieu du décès (hôpital, institutions médico-sociales, à domicile). Cet effet s’illustre clairement dans la figure ci-dessous, par la chute des décès publiés durant les week-ends (les signes losanges sur les courbes indiquent les dimanches), suivie d’un hausse témoignant de la publication décalée de ces décès. Il s’agit d’analyser ces évolutions avec précaution, par exemple en « lissant » ces creux et pics ou en préférant interpréter des évolutions sur des périodes plus longues.

Figure 5.1 Décès par COVID-19 cumulés et quotidiens publiés dans différents pays (échelle logarithmique) selon le jour depuis le début de l’épidémie (jusqu’au 23 avril 2020).

Figure 5.1 Décès par COVID-19 cumulés et quotidiens publiés dans différents pays (échelle logarithmique) selon le jour depuis le début de l’épidémie (jusqu’au 23 avril 2020). F. Robin-Champigneul. Brève 23/04

Les décès par COVID-19 dans 6 pays

Comparaison du développement de l’épidémie par François Robin-Champigneul*

Brève, 27 avril
Note détaillée (méthode, données), 5 avril


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